Synap.TIC : expérience d’une communauté dédiée au partage de connaissances issues de la recherche en éducation

Introduction

Synap.TIC est un projet de recherche-action sous la direction du professeur Mario Richard de la TELUQ en collaboration avec le Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ)L’objectif de cette recherche est de vérifier si une communauté virtuelle dédiée aux connaissances issues de la recherche (CIR) permet aux intervenants de l’éducation de trouver des réponses à leurs questionnements professionnels.
L’avènement des réseaux sociaux a facilité la mise en place de nombreuses communautés plus ou moins formelles dans le domaine de l’éducation. Parmi celles-ci, on note le Réseau des répondantes et répondants TIC des cégep (REPTIC), la  Vitrine Technologie-Éducation (VTÉ) et le ClavED, qui tient des séances de calvardage sur Twitter. Parallèlement aux activités se déroulant dans ces communautés, d’innombrables recherches sur les problématiques rencontrées en éducation sont publiées chaque année. Selon le professeur Christian Dagenais de l’Université de Montréal, les connaissances produites par ces recherches offriraient de réelles pistes de solution aux problèmes rencontrés en éducation, mais demeurent méconnues et sous-utilisées par les enseignants (Dagenais, 2010). Le projet Synap.TIC s’inscrit dans la foulée des recommandations du professeur Dagenais qui propose entre autres de mettre en place des projets de transfert de connaissances afin que les intervenants de l’éducation puissent avoir accès à des connaissances issues de la recherche.

Rappel

Le projet s’est déroulé en deux temps.  Une première phase s’est déroulée à l’automne 2011 mobilisant une douzaine de participants, la majorité des enseignants des niveaux primaires et secondaires. L’objectif était d’évaluer une plateforme collaborative basée sur un wiki et un modèle de transfert de connaissances s’inspirant en partie du concept de boutiques de sciences. Les conclusions de cette première phase ont permis de réajuster le modèle pour favoriser davantage une formule de communauté d’intérêts. Le wiki a également été remplacé par une plateforme WordPress, incluant l’extension BuddyPress qui ajoute des fonctionnalités semblables à celles d’ un réseau social. La phase deux s’est déroulée d’avril à décembre 2012.

Mise en place de la phase 2

Afin de favoriser les échanges et les discussions dans la communauté, un animateur a été embauché. Il a également été convenu que le CTREQ agirait à titre de « courtier de connaissances » afin que les questions restées sans réponse soient relayées à des chercheurs du milieu universitaire. Enfin, pour assurer la cohésion de la communauté Synap.TIC, il a été décidé que cette deuxième phase du projet serait dédiée à la littératie, l’un des thèmes d’intérêt du RIRE. C’est d’ailleurs sur cette base que s’est fait le recrutement de la vingtaine de participants, issus pour la plupart des niveaux d’enseignement primaire et secondaire.

Développement inattendu

Après un bon départ au printemps 2012, un phénomène plutôt inattendu s’est produit lors de la reprise des activités en septembre. En l’espace de quelques semaines, les activités de la communauté se sont déplacées vers le groupe Facebook du projet Synap.TIC. Ce groupe ouvert à tous avait été initialement mis en place comme un outil d’information pour le projet et aucun plan d’animation formel n’avait été établi. Notons également qu’une vingtaine de personnes associées au monde de l’éducation ont adhéré à ce groupe en cours de route. Plusieurs se sont mises à partager des ressources et à discuter de sujets divers, souvent en lien avec l’intégration des TIC en classe. Encore aujourd’hui, les activités dans ce groupe Facebook se poursuivent, soit plus de huit mois après la fin de l’expérimentation.

Résultats de la phase 2

Les résultats de la phase 2 proviennent des deux questionnaires complétés par une douzaine de participants en début et en fin de projet. Des entrevues semi-dirigées ont aussi été réalisées auprès de deux acteurs associés au projet. Quatre répondants ont également été contactés de nouveau pour un complément d’information. L’environnement WordPress / Buddy n’a pas fait l’unanimité. Plus de la moitié des répondants se sont montrés insatisfaits pas la lenteur et la lourdeur de la plateforme. Le temps nécessaire pour se connecter à l’environnement comme pour rédiger une contribution sont les principaux facteurs de ce mécontentement. Il est difficile d’expliquer les raisons de ce problème. WordPress est supporté par une solide communauté de développeurs et BuddyPress est une extension reconnue qui a fait ses preuves. L’hypothèse la plus plausible serait du côté de la configuration ou de l’hébergement de la plateforme.
Parmi les répondants, 75% se sont montrés satisfaits par le travail d’animation et considèrent qu’il s’agit d’un rouage essentiel au succès d’une communauté. Environ 20% des répondants ont toutefois mentionné qu’il aurait été préférable que l’animation cible davantage les activités de transfert de connaissances plutôt que la veille technologique. Un des répondants a également ajouté que « …l’animation demande de modérer certaines discussions pour maintenir l’identité de la communauté ».

Satisfaction, participation et recommandation des participants

Ce sont 70% des répondants qui se sont montrés satisfaits de leur participation au projet. Une proportion presque identique a indiqué avoir apprécié la qualité des discussions qui se déroulaient sur les bases de connaissances issues de la recherche. Cependant, le nombre de contributions directement en lien avec les CIR fut moins important que prévu. On doit mentionner qu’il n’y avait pas un nombre minimal de contributions à faire. On s’attendait à ce que chaque participant rédige 2 ou 3 contributions en lien avec les CIR, alors qu’en réalité, la moyenne fut d’une contribution. La principale raison évoquée est le manque de temps. À cet égard, un répondant a mentionné que « c’est difficile de suivre toutes ces communautés qui émergent un peu partout sur Internet ». Un autre participant a recommandé que « le transfert de connaissances et les discussions doivent se faire à l’intérieur d’une communauté de pratiques plus formelle dans écoles… » en ajoutant que « …les heures consacrées à ces activités devraient être reconnues par les directions ».

Conclusion

Le projet Synap.TIC disposait de ressources modestes et la portée de sa recherche était limitée. Toutefois, les deux phases de cette expérimentation ont tout de même permis de recueillir de nombreuses informations qui méritent d’être analysées en profondeur par quiconque voudrait mettre sur pied une communauté similaire. D’entrée de jeu, le déplacement d’une partie des activités de la communauté vers le groupe Facebook fut l’une des surprises de cette expérience. Les contreperformances de la plateforme WordPress pourraient expliquer en partie cette situation. Il n’en demeure pas moins qu’au final, la moitié des répondants ont indiqué avoir préféré le groupe Facebook. Il est intéressant de constater que 75% des répondants ont démontré un réel intérêt pour le transfert de connaissances issues de la recherche. Toutefois, la pérennité à long terme d’une communauté d’enseignant dédiée au CIR reste à démontrer. En effet, plus la communauté prenait de l’ampleur et plus le temps passait, on constatait que les échanges et les discussions s’éloignaient de l’objectif initial.
L’animation d’une communauté est souvent reconnue comme un élément essentiel à son succès (UdeM, 2013), et ce projet a confirmé l’importance des modalités d’animation. Il est donc recommandé de bien définir le rôle de l’animateur afin que celui-ci puisse non seulement susciter la participation des membres, mais qu’il soit en mesure d’intervenir de façon efficace pour s’assurer que les thèmes qui sont abordés demeurent cohérents avec l’intention de départ. À ce propos, le CEFRIO mentionne que parmi les responsabilités de l’animation d’une communauté, il y a celle de «s’assurer que la communauté évolue dans la bonne direction» (CEFRIO, 2003).
La mise en place de nouvelles communautés dédiées au CIR requiert des ressources considérables, tant au point de vue organisationnel que monétaire. À ces contraintes s’ajoute la disponibilité réduite des enseignants, malgré un enthousiasme certain. Bien qu’il soit tout à fait possible de mettre en place des communautés dédiées au CIR, il serait également recommandé de regarder du côté des communautés et des organismes déjà présents dans le milieu de l’éducation tels que le RECIT, le CPIQ, et l’AQEP pour ne nommer que ceux-là. Étant donné que ces acteurs possèdent les ressources et les membres nécessaires pour assurer la pérennité de leur activité sur une plus longue période, l’ajout d’un volet dédié spécifiquement aux connaissances issues de la recherche serait tout désigné.

Bibliographie

BESANÇON, V. (2011)  Mettre en place une communauté de pratique en ligne, Bureau de l’environnement numérique d’apprentissage, Université de Montréal [En ligne] Consulté le 30 mai 2013 https://wiki.umontreal.ca/pages/viewpage.action?pageId=78512962

DAGENAIS, C.  (2007)  Examen des mécanismes en jeu dans la décision des intervenants scolaire d’utiliser les connaissances issues de la recherche  [En ligne] Consulté le 30 mai 2011 http://www.fqrsc.gouv.qc.ca/upload/editeur/Dagenais_et_al_Rapport_integral%281%29.pdf

LANGELIER, L. et al.,  Guide de mise en place et d’animation de communautés de pratique intentionnelles, CEFRIO [En ligne] Consulté le 30 mai 2013 http://www.cefrio.qc.ca/media/uploader/travailler_apprendre_collaborer.pdf

PIRO F. (2009)  Les boutiques de sciences  [En ligne] Consulté le 30 mai 2013. http://www.rire.ctreq.qc.ca/media/wordpress/2010/08/Boutiques_de_sciences.pdf

Autres référence

 

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HART, J. (2009) How to create a social learning environment Inside Learning Technologies, Zmags, November 2009 p. 11 – 15

KAPLAN A., M. HAENLEIN, (2010) Users of the world, unite The challenges and opportunities of social media p. 58-69 Business Horizons

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Remerciements

Mario Richard,  professeur à la TELUQ et directeur de la présente recherche
Pierre Gagné, Professeur responsable du séminaire de maîtrise en formation à distance à la TELUQ
Christian Dagenais, professeur à l’Université de Montréal
Bruno Hubert du CTREQ pour la révision linguistique et la publication de l’article
Véronique D’Amours, anciennement du CTREQ
Marc Guérin, animateur de communauté
Hélène Dufour, Opossum
Mario Asselin, anciennement d’Opossum
Tous les participants et intervenants qui ont donnés du temps pour ce projet

« twitter literacy »

Twitter est désormais célèbre dans le monde scolaire québécois grâce à Annie Côté, une enseignante visionnaire qui a eue l’audace de suivre ses idées et d’aller jusqu’au bout de celles-ci.

Mais encore beaucoup d’éducateurs, d’enseignants, de profs et d’intervenants en milieu scolaire (rares sont ceux qui osent l’avouer !) sont encore néophytes et ne savent pas comment utiliser Twitter à des fins personnelles et encore moins à des fins pédagogiques

Voici un petit guide qui présente assez bien comment utiliser l’outil.

http://www.pearltrees.com/#/N-play=1&N-s=1_6390687&N-u=1_696716&N-p=60667003&N-f=1_6390687&N-fa=5484505

Conférencier recherché

Bonjour,
Nous recherchons un conférencier pour parler de l’importance de la mobilisation de l’ensemble de la communauté pour un sujet aussi critique et transversal que la Réussite Éducative et Sociale!
Vous avez des idées?
Merci!
Rémi Pelletier, MGP
Agent de soutien au développemetn social
OPERES (Organismes Partenaires en Réussite Éducative et Sociale dans Beauharnois-Salaberry)

La littératie au Québec : Pistes de solution à l’école préscolaire et primaire

«Cette contribution propose tout d’abord un regard sur les différentes façons de considérer le concept de littératie au Canada francophone et plus précisément au Québec. Il est ensuite question de facteurs pouvant favoriser la littératie chez les élèves du préscolaire et du primaire. Ces facteurs, d’ordre motivationnel et psychoaffectif, d’ordre social, d’ordre culturel, et d’ordre cognitif et métacognitif, sont traités principalement en lien avec la discipline du français. Pour terminer, des pistes de travail sont proposées pour accroître les effets de ces facteurs.»

Si le coeur vous en dit, voici le lien vers l’article de M. Dumais :
http://www.forumlecture.ch/myUploadData/files/2011_2_Dumais.pdf

Dumais, Christian (2011). La littératie au Québec : Pistes de solution à l’école préscolaire et primaire. Forumlecture.ch Plate‐forme en ligne pour la littératie, 2, 1-10.

Le tutorat pour apprendre à lire

« Le programme Apprendre à lire à deux a été conçu pour les classes de première année du primaire en milieux défavorisés. Ce programme prend la forme d’une série de capsules d’enseignement accompagnées de séances de tutorat par les pairs. S’étant avéré fort efficace, un groupe de chercheurs de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) propose une version du programme adaptée aux besoins des élèves de deuxième année. »

>>Lire l’article intégral sur le RIRE

Mais au fait qu’est-ce que la littératie dans votre quotidien ?

Au printemps dernier, nous avions trouvé une définition de la littératie dans des écrits scientifiques. J’aimerais vous proposer de donner de courts exemples de ce qu’est la littératie dans votre quotidien.

Allez je me lance, à tous les jours lorsque mon petit homme arrive de l’école, Ézéchiel est en 1ère année, il sort son livre de lecture. Il est tout sourire, fier de me montrer ses progrès. Il se met à lire, il balbutie, je l’aide et puis il sort ses petites cartes et nous jouons à « pige dans le lac ». Il doit me dire les mots qui correspondent aux images. Apprendre par le jeu, c’est la meilleure façon surtout pour ma petite boule d’énergie !

À votre tour maintenant, j’ai hâte de vous lire !

L’écriture et la technologie

Voici le lien menant vers les actes du 3e colloque Ecritech. Depuis 2010, des chercheurs se rassemblent et présentent les fruits de leurs recherches. Cette année les intervenants du colloque ont présentés sur le sujet de l’apport des tablettes comme support à l’écriture.

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